“Vivre en paix avec la mort” : la mort vue par Pierre Madelin, Gilles Farcet et Pascal Gréboval

Nous rendons hommage au numéro 35 de Kaizen qui aborde un sujet aussi essentiel que tabou, la mort.

Ces trois articles résonnent en moi : le rapport que nous avons à la mort, le tabou qu’elle représente et le déni dont elle fait l’objet, est la source de nombreux problèmes que nous rencontrons à l’échelle individuelle, familiale et collective.

Y aurait-il un lien entre le fait que nous sommes les seuls, dans le règne animal, à être des animaux technologiques et le fait que nous soyons les seuls animaux à savoir que nous allons mourir (et que notre espèce n’est pas éternelle) ?

Article de Pierre Madelin : “La mort est une question fondamentalement écologique”

Extraits :

[…] le transhumanisme peut être perçu comme le pendant, dans notre rapport au corps, de ce qu’est la géo-ingénierie dans notre rapport à la nature : le mythe du contrôle absolu, un désir d’optimiser le moindre aspect du réel en le pilotant, “le triomphe de la volonté sur le don […]. Ce n’est pas un hasard si ces deux phénomènes, géo-ingénierie et transhumanisme, concordent dans le temps : c’est un même projet civilisationnel.”

“Le projet moderne de maîtrise rationnelle du monde, ce n’est pas une domination de la nature hors de nous, c’est aussi et d’abord une domination de la nature en nous, à travers le dépassement de notre condition mortelle. En cela la mort est une question fondamentalement écologique.”

[…] nous refoulons la mort c’est un défi posé à notre propre puissance : elle règne là où nous devrions régner. C’est comme un mauvais sentiment de revanche : nous voulons maîtriser la nature pour nous venger d’être mortels.”

Article de Gilles Farcet : “La danse de la vie”

Extraits :

“Je suis souvent frappé de recueillir les confidences d’adultes de 30, 40, voire 50 ans, qui me disent le choc ressenti face au cadavre d’un parent décédé. Ils avaient vécu tout ce temps sans jamais avoir vu un mort…Ce simple fait en dit long sur le rapport malsain que nous entretenons avec cette dimension de la vie.”

Edito de Pascal Gréboval : “Fragile, la vie est belle”

Extraits :

“On a peur de ce que l’on met à distance. Regarder dans les yeux cette étrange inconnue (la mort), voilà peut-être le moyen d’être en paix avec notre finitude.”